les fontaines

La Fontaine du Cran de Treffléan

Au sud de la commune de Treffléan, la commanderie fortifiée du hameau de Cran fut fondée en 1182. Elle a conservé sa chapelle, largement modifiée au XVIème siècle. Une légende raconte qu’à proximité, sur la butte de Coh-Castel, les nuits d’orage, on voit parfois apparaître un homme vêtu de rouge, montant le squelette d’un cheval et tenant à la main une épée ensanglantée : c’est le fantôme du cruel commandeur des Templiers de Cran.

Ce sont les chevaliers du Temple et de l’Hôpital qui en 1182 auraient édifié la chapelle N.D. de Bon Secours. Dès 1319 elle est l’objet de pèlerinages très actifs à la suite de nombreux miracles. Au XVIème siècle l’édifice est reconstruit sur ses bases romanes. Le manoir érigé à la fin du XVIIème siècle, derrière la chapelle, remplace un bâtiment plus ancien, commanderie des Templiers ou ferme fortifiée.

La fontaine datant de 1740 s’élève dans un vaste enclos dallé, entouré d’un muret de granit. Elle est précédée d’un curieux petit bassin en forme de cœur allongé. Sa structure est de plan carré, ouvert sur trois côtés, le mur du fond est creusé d’une niche pourvue d’une statue de la Vierge. L’édicule est couronné d’une pyramide coiffée d’une boule, portant un crucifix en fer forgé. Les quatre balustres de pierre qui précèdent l’édifice devaient jadis recevoir des cierges. A l’occasion du Pardon organisé le premier dimanche après le 15 Août, les fidèles s’y rendent en procession. A Cran on vénère Notre Dame du Bon Secours.

La Fontaine Sainte-Apolline de Treffléan 

A Treffléan le passage des Romains, est attesté par un tronçon de voie. Mais la richesse des monuments médiévaux masque les périodes antérieures pour faire du Moyen Âge une époque clef de l’histoire de la commune.

A proximité du lieu-dit Kerdréan au bord d’un chemin desservant les champs est érigée une fontaine datant du 17ème siècle. C’est un petit monument ouvert sur trois côtés. Le quatrième côté, occupé par le mur du fond, est creusé d’une niche, celle-ci abritait autrefois une statue à l’effigie de Saint-Apolline. L’ensemble est couvert d’une pyramide encadrée d’une croix de pierre à chacun de ses angles, le tout est surmonté d’une croix en fer gorgé. Près de cette fontaine, il existait une chapelle aujourd’hui disparue. Tous les premiers dimanches du mois, les pèlerins souffrant de rage de dents venaient chercher le soulagement auprès de la source miraculeuse.

Sainte Apolline fut martyrisée à Alexandrie en Égypte sous le règne de l’empereur Dèce. Celui-ci sans organiser une véritable persécution, laissait les païens donner la chasse aux chrétiens et les tuer comme ils voulaient, sans qu’ils soient punis pour ces meurtres. Saint Denis d’Alexandrie, dans une lettre à son ami Fabien, évêque d’Antioche, raconte comment elle fut prise par les païens au cours d’une émeute. Elle n’était plus jeune, et c’est pourquoi ils s’amusèrent à l’édenter. Ils lui brisèrent une à une toutes les dents puis la menacèrent de la jeter vivante dans le bûcher qu’ils venaient d’allumer si elle ne reniait pas sa foi. Elle délibéra un moment en elle-même, puis, offrant sa vie en sacrifice, elle s’élança dans le feu, plus prompte à affronter la mort que ses persécuteurs à préparer le supplice.

La Fontaine Saint-Léon de Treffléan 

De l’époque romaine, il ne reste sur la commune de Treffléan (en Breton Trevlean) qu’un tronçon de la voie de Vannes à Rieux, passant près de Kerbihan, de Saint-Mathieu, du bourg, et de Kerhallec. Le Moyen Âge est une époque clef de l’histoire de la commune avec ses nombreux monuments. Les émigrés bretons sont arrivés dans ce pays vers le VIIème siècle, et y ont maintenu leur langue et leurs usages. Treffléan était, semble-t-il, une “section dérivée” de la paroisse de Sulniac (une section dérivée s’appelait “Trève”) et l’église étant placée sous le patronage de saint Léon, le nom du village était alors “Trève-Léon” qui s’est déformé en “Tref-Léon”.

Selon l’historien Poquet du Haut Jussé, la richesse exceptionnelle en édifices religieux s’expliquerait par l’affluence des pèlerins à la chapelle du Cran. Une argumentation qui a pour origine une mention faite à ce sujet dans une bulle du pape Clément V datée de 1309. En 1789, la Révolution érige Treffléan en commune et l’année suivante, son recteur est l’un des rares membres du clergé de la région à prêter serment à la constitution civile. Il est nommé vicaire épiscopal de l’évêque constitutionnel de Vannes.

La fontaine Saint-Léon date du XVIIème siècle, c’est un monument de plan carré, ouvert sur trois côtés par des arcades surbaissées. Elle est couronnée d’une pyramide régulière que domine une croix. Cette pyramide porte sur l’une de ses faces un fleuron, sur celle lui faisant pendant une croix gravée dans un cercle. Elle évoque l’emblème des Templiers dont la commune de la Vraie-Croix et celle de Treffléan se disputent la présence. Cette fontaine est encore fréquentée, comme le démontre le petit bouquet déposé sur l’eau de son bassin.

La Fontaine Sainte-Juliette de Treffléan 

Au village de Bizole se situe l’église Saint-Jean-Baptiste. L’édifice construit de 1622 à 1686 dans le style de la Renaissance abrite une statue de sainte Juliette invoquée pour les enfants tardant à marcher. Il s’agit d’un ancien sanctuaire édifié semble-t-il au XIIème siècle par les Templiers et Hospitaliers, et remanié au XVIIème siècle.

Avec l’église et le calvaire, la fontaine Sainte-Juliette complète la trilogie classique en Bretagne. C’est un petit monument datant de 1666. Il est couvert d’un toit en bâtière avec une voûte en plein cintre protégeant un bassin, et surmonté d’un fronton triangulaire en appareil régulier. Le mur du fond possède une stèle qui devait accueillir une statue, gravée au-dessus une coquille jacquaire. Une grille protège l’accès à la source, nous ignorons si les eaux de celles-ci possèdent des vertus guérisseuses. Le site est très bien entretenu et agrémenté d’ancien matériel agricole et de deux beaux saules pleureurs.

Sainte Juliette ou Julitte est connue par l’un des sermons d’un de ses contemporains, saint Basile de Césarée. Elle devint veuve rapidement et son époux lui laissa sa propre fortune. Elle l’utilisait pour soulager les pauvres et créer des maisons pour les accueillir, mais son homme d’affaires la dépouilla de ses biens. Poussée par ses amies, elle intente un procès à cet escroc. Durant la plaidoirie qui tournait à son avantage, cet homme malin et connaissant bien le droit se lève et déclare que Juliette n’est pas apte à ester en justice pour la simple et bonne raison qu’elle est chrétienne. « Elle est atteinte, dit-il, d’incapacité juridique ». Le 24 février de la même année 303, Dioclétien avait promulgué un édit enlevant aux chrétiens leurs droits civiques et politiques, les déclarant infâmes et incapables d’être écoutés en justice. Le président du tribunal lui retira la parole, lui intima l’ordre d’offrir l’encens aux idoles. Ce qu’elle refusa. Elle fut immédiatement condamnée à être brûlée vive.